Résumé

Nous aimons notre métier de professeur des écoles mais nous aimerions encore plus pouvoir l'exercer avec 100% de nos ressources. Malheureusement, le jeu des mutations ne nous le permet pas. En effet, certains d'entre nous se retrouvent "prisonniers" de leur affectation dans l'Yonne depuis de nombreuses années alors que leur conjoint(e) / famille, n'ayant pu partir, sont restés dans leur département d'origine. D'autres n'ont aucune chance de muter car le système de mutation actuel ne leur offre aucune reconnaissance légale ou « barèmée » de leur situation.
Effectivement, le système de mutation actuel est basé sur des points et reste, malgré tout, inéquitable. Rejoindre nos départements d'origine en venant de l'Yonne demande un barème beaucoup plus élevé que nos collègues quittant d'autres départements et ce, même en bénéficiant d'une priorité prévue par la loi.
A titre d'exemple, passer de l'Yonne à la Côte d'Or peut être refusé à tous les enseignants de l'Yonne  alors que d'autres peuvent intégrer le 21 sans aucune bonification de rapprochement ou de handicap. C'est exactement ce qui se passe depuis plusieurs années pour certains départements comme le nôtre.

Conséquences : de nombreux collègues enchaînent les heures de trajet, accumulent la fatigue et finissent par perdre leur motivation au bout de plusieurs années sans possibilité de rejoindre les leurs (jusqu'à 8 années parfois). Sans parler du coût engendré par les déplacements, les gardes d'enfants et parfois même un logement supplémentaire... Comment rester disponible et motivé dans un métier nécessitant une attention et une concentration maximum tout au long de la journée ? Le rythme de vie des enfants est important, tout comme celui des enseignants !

Tous ces éléments nous ont poussés à nous réunir sur cet espace pour échanger, réagir et demander qu'enfin soit respecté, entre autres, ce que nous pouvons lire sur le site de notre ministère :

« Le respect de la loi impose, dans toute la mesure compatible avec le bon fonctionnement du service, de ne pas contraindre un fonctionnaire à vivre durablement séparé de sa famille. » (source)

En savoir plus

Ce que nous déplorons ne relève pas de l’apitoiement. On nous rappelle souvent la chance qui est la nôtre et que nous reconnaissons pleinement, d'exercer un métier que nous aimons. Face à la difficulté de quitter son département d'affectation pour rejoindre sa famille, ses enfants, ou pour toute autre raison, certains collègues sont pourtant prêts à mettre cette chance de côté en démissionnant. Les autres tentent de s'adapter mais comment se projeter dans l'avenir sans aucune transparence ni échéance ? Doit-on accepter de mettre nos vies privées entre parenthèses au seul titre que nous exerçons un métier avec passion ?
D'autant plus que notre engouement et notre dynamisme s'estompe bien vite lorsque nous ne voyons aucune amélioration possible à nos situations. La qualité de notre enseignement s'en retrouve amoindrie.


A nos yeux, le système de mutation des enseignants présente de réels dysfonctionnements :
- Le taux de satisfaction global diminue chaque année (sources : 1, 2)
- Ce système ne respecte pas l’article 60 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 qui donne la priorité aux fonctionnaires séparés de leurs conjoints, aux situations relevant du handicap et à ceux exerçant dans les quartiers urbains sensibles. Où est cette priorité lorsque seulement 39,6 % des demandes de rapprochement de conjoints sont acceptées au niveau national et AUCUNE dans notre département ?
- Ce système crée des départements « prisons » comme le nôtre (l'Yonne). On refuse de nous laisser sortir (même avec d'énormes barèmes) alors que des enseignants provenant de départements excédentaires mutent facilement, et ce, avec des barèmes moindres (souvent sans priorité légale).
- Ce système ne prend pas en compte le parcours de l'enseignant et ne laisse aucune chance à certaines personnes qui, en plus de se trouver dans un département « prison », n'ont aucune chance de muter au titre que leur situation n'entre pas dans les cadres du barème proposé.


Ce que nous relevons ici ne repose pas uniquement sur nos expériences de vies personnelles.
- Le problème des mutations dans le 1er degré a déjà fait l'objet de plusieurs questions écrites à l'Assemblée Nationale (Mars 2015, Juin 2014, Mai 2014 ...etc)
- Le rapport 2010 du médiateur de l’Éducation Nationale (p 83-90) relève également les "difficultés liées au barème et aux procédures de mutations".
- La Cour des Comptes, dans son rapport « Gérer les enseignants autrement » consacre aussi quelques pages au système d'affectation et aux problèmes relevant d'une « gestion de masse » (p.74-76 & 96)

Nous souhaitons donc qu'à court terme, soient traitées les situations les plus intolérables et qu'une réflexion s'engage sur le fonctionnement du mouvement pour entrevoir, à long terme de significatives améliorations permettant à chacun de s’investir pleinement dans son enseignement sans pour autant mettre sa vie privée de côté.

Témoignages

Rien ne sera plus concret que le témoignage de certains collègues :

- Témoignage n°1
- Témoignage n°2
- Témoignage n°3
- Témoignage n°4

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Liens et contact

D'autres sites traitant de la même problématique :

- Collectif Mutez-Nous : Blog - Twitter
- Collectif "Mutez les Creusois" : Blog
- http://mutezmoi.unblog.fr/

Quelques articles :

- Article de l'Yonne Républicaine
- Sur le site du Café Pédagogique : "Mouvement des professeurs des écoles : Le système en cause ?" & "Peut-on améliorer le mouvement des enseignants ?"

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